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vendredi 05 septembre 2008

Trafic de stupéfiants : deux Vendômois jugés à Poitiers

Armes et échantillons de produits stupéfiants figuraient parmi les scellés exposés lors de l’audience correctionnelle.   Armes et échantillons de produits stupéfiants figuraient parmi les scellés exposés lors de l’audience correctionnelle.

Impliqués dans un vaste trafic d’héroïne et de cocaïne dans le Poitou, les deux Vendômois arrêtés l’année dernière par la gendarmerie, ont écopé de six ans de prison.

Tribunal correctionnel de Poitiers

Un copieux procès à tiroirs a occupé mardi et mercredi le tribunal correctionnel de Poitiers. Dix-sept personnes – treize hommes et quatre femmes – étaient jugées dans le cadre d’un trafic de stupéfiants démantelé l’an dernier.

L’enquête débute à Châtellerault, fin 2005. Les gendarmes s’intéressent à Cédric Amillard, susceptible de consommer et de revendre de l’héroïne. En août, un juge d’instruction est saisi du dossier. Les écoutes cernent son fournisseur châtelleraudais, Emmanuel Guéry, 35 ans. Il revend beaucoup d’héroïne et de cocaïne à un couple de Thouarsais, et à des consommateurs jouant les revendeurs, parfois très réguliers comme David Bonnet et sa vingtaine de clients.
En janvier 2007, une phrase codée annonce une livraison. « Je t’amène de la peinture pour ton chantier. » La livraison de plus d’un kilo de cocaïne arrive le 16 janvier. Guéry est interpellé. Tout comme cinq consommateurs réguliers de cocaïne et d’héroïne, dont certains ont monté leur propre réseau parallèle. Les investigations remontent alors jusqu’à deux hommes – les Vendômois Ali Yahiaoui et Karim Lahya – présentés comme les fournisseurs du Châtelleraudais. Deux autres branches du réseau essaimant jusqu’à La Rochelle seront démantelées.

La phrase codée :
“ Je t’amène
de la peinture
pour ton chantier ”

La première journée des débats a été marquée par la confusion et l’incohérence dans les déclarations des protagonistes, déjà impliqués précédemment dans des affaires de stups. Elle s’est achevée sur les lourdes réquisitions du procureur, pointant les « semeurs de mort », à la mémoire défaillante. Il a réclamé des peines allant de 1 an de prison, avec une part de sursis, pour les plus légères, à quatre et huit ans avec maintien en détention pour les principaux prévenus, les frères Buch et le duo Yahiaoui et Lahya.
Les plaidoiries des avocats investis dans la défense des dix-sept prévenus impliqués dans un trafic de stupéfiants divisé en trois ramifications n’auront globalement pas trop modifié la donne.
Les explications sur le passé, la psychologie et les invraisemblances des principaux prévenus n’ont guère convaincu le tribunal.
Les magistrats ont maintenu en prison le duo vendômois formé par Ali Yahiaoui et Karim Lahya. Condamnés à six ans de prison, contre huit réclamés, ils restent donc incarcérés. Ils l’étaient depuis le début de l’année 2007.
Le Châtelleraudais de 35 ans, qu’ils alimentaient depuis 2005 en cocaïne et héroïne, a, en revanche, vu sa peine alourdie par le tribunal. Emmanuel Guéry, qui avait ainsi tenté d’expliquer être entré dans le trafic un peu contraint et forcé, voit sa peine portée à quatre ans. Ses trois véhicules sont saisis.
D’un autre côté, à Poitiers, les frères Carl et David Buch, ont été condamnés à quatre ans de prison. Ils étaient déjà en détention provisoire depuis un peu plus d’un an. En revanche, l’ex-femme de Carl Buch n’a pas été jugée comme partie prenante active du trafic.
Les douanes réclamaient des amendes allant de 12.000 à 150.000 E. Le tribunal a ramené le curseur plus bas. La plus grosse amende, à payer solidairement par les trois piliers du réseau de Châtellerault, s’élève à 78.000 E. Un couple de Poitevins devra trouver 28.000 E. A chacun selon sa consommation… De 2.000 E pour les plus modestes, à 25.000 E pour les plus gourmands.

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Emmanuel Coupaye
la Nouvelle République

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